Table des matières
L’essentiel. En zone d’assainissement collectif, une habitation située le long d’une voirie équipée d’égouts doit y être raccordée. Le raccordement suppose une autorisation écrite préalable du collège communal, et les travaux sous domaine public ne peuvent en aucun cas être réalisés par le particulier lui-même. La règle de prise en charge tient en une phrase : sur un égout déjà en place, le raccordement est intégralement à charge du demandeur ; lors de la pose ou de la réhabilitation d’un égout par la commune, la partie sous domaine public est financée par la SPGE. La frontière matérielle est le regard de visite, obligatoire et accessible, placé à la limite du domaine public et privé. La frontière de RESPONSABILITÉ, elle, dépend du règlement communal, et elle ne coïncide pas toujours avec la première.
C’est la canalisation à laquelle personne ne pense, jusqu’au jour où elle bouche. Et le premier réflexe, alors, est de chercher qui doit payer. La réponse n’est ni évidente ni uniforme, et elle ne se trouve pas au même endroit selon le tronçon concerné.
Cet article traite du raccordement lui-même : l’obligation, la procédure, la frontière et les coûts. Pour la rénovation d’un égouttage privé existant, voyez rénover ses égouttages. Pour la conception, les pentes et les diamètres, l’évacuation des eaux usées. Pour les odeurs, nos sept solutions.
Qui doit se raccorder, et quand
Le cadre est régional. Le raccordement relève du Règlement général d’assainissement, intégré à la partie réglementaire du Code de l’eau wallon, dont l’article R.277 est la disposition centrale.
Deux situations, et une seule mention de délai dans le texte. Les habitations situées le long d’une voirie DÉJÀ équipée d’égouts doivent y être raccordées. Celles situées le long d’une voirie qui VIENT à être équipée doivent l’être pendant les travaux d’égouttage. C’est le seul repère temporel du texte : il n’existe pas de délai du type « dans les six mois de la mise en service » pour une habitation existante.
Tout dépend de votre régime d’assainissement
Cette obligation ne vaut qu’en régime d’assainissement COLLECTIF. Le régime applicable à votre parcelle est fixé par le plan d’assainissement par sous-bassin hydrographique, consultable sur le géoportail de la Wallonie. Trois régimes coexistent :
- l’assainissement collectif : raccordement à l’égout obligatoire ;
- l’assainissement autonome : pas d’égout, une épuration individuelle agréée, sujet traité dans notre article sur la station d’épuration individuelle ;
- l’assainissement transitoire : régime non encore arbitré, où toute nouvelle habitation doit être équipée d’un regard de visite, d’un système séparant les eaux pluviales des eaux usées et d’une fosse septique by-passable.
Une dérogation existe, mais elle est étroite : lorsque le raccordement engendre des coûts excessifs en raison de difficultés techniques, un permis d’environnement peut être demandé pour installer une épuration individuelle. En cas de refus, le demandeur dispose de six mois pour se raccorder. C’est le seul délai chiffré que nous ayons trouvé dans le texte.
La procédure : autorisation d’abord, travaux ensuite
Le raccordement n’est pas un chantier qu’on lance en appelant un terrassier. Il commence par une demande écrite.
Le Code de l’eau impose une autorisation préalable écrite du collège communal. L’Union des Villes et Communes de Wallonie diffuse d’ailleurs aux communes un modèle de règlement et un modèle d’autorisation type, ce qui donne une idée du degré de standardisation attendu. En pratique, la commune dispose d’un formulaire.
Point capital, et c’est la fiche officielle CertIBEau consacrée au raccordement qui le formule le plus clairement : le particulier ne peut en aucun cas effectuer les travaux lui-même sous le domaine public. Trois voies sont possibles, selon ce que la commune organise : les services techniques communaux, un entrepreneur agréé par la commune, ou un entrepreneur de votre choix mais sous contrôle communal.
Les travaux sous domaine privé, eux, restent à votre charge et sous votre responsabilité, avec l’entrepreneur de votre choix.
Une conséquence pratique à anticiper sur un chantier de construction : le raccordement n’est pas un poste que vous maîtrisez entièrement, ni dans son calendrier ni dans son exécutant. Il se demande tôt, et il se coordonne avec la commune.
Qui paie quoi
C’est la question qui déclenche les disputes, et la réponse dépend d’une seule variable : l’égout existe-t-il déjà, ou la commune est-elle en train de le poser ?
Égout existant : tout est à votre charge
Sur un égout EXISTANT, la fiche CertIBEau est sans ambiguïté : le raccordement d’une habitation au réseau d’égouttage existant est intégralement à la charge du demandeur. Partie privée et partie publique comprises.
Égout neuf ou réhabilité : la SPGE finance la partie publique
Lors de la pose d’un NOUVEL égout, ou de sa réhabilitation, la logique s’inverse pour la partie publique : les coûts des travaux des raccordements particuliers sous le domaine public sont incorporés dans le chantier communal et financés par la Société publique de gestion de l’eau. Les travaux en zone privative restent à votre charge.
Le mémento jurisprudence égouttage de la SPGE précise les limites de cette prise en charge, et elles comptent :
- un seul raccordement par habitation ;
- uniquement lors de la construction d’un nouvel égout ou de sa réhabilitation, pas pour un raccordement isolé sur une conduite existante ;
- lorsque la façade est à la limite du domaine public, le percement du mur et les travaux de connexion en cave ne sont pas pris en charge ;
- lorsque l’égout est posé sous domaine privé, en fond de jardin, la prise en charge est forfaitaire sur un mètre.
À cela s’ajoute une rémunération communale : le Code de l’eau prévoit expressément que la commune fixe la rémunération et les modalités applicables à tout travail de raccordement sur le domaine public. Elle varie d’une commune à l’autre, et il n’existe aucun montant régional de référence. Nous ne citons donc aucun prix : les fourchettes qui circulent sur les sites de plomberie et de débouchage ne sont recoupées par aucune source officielle.
Le couvercle en fonte a été déposé sur le gravier, laissant voir la chambre et son fond. Les toiles d’araignée en disent long : ce regard n’avait plus été ouvert depuis longtemps. C’est pourtant par lui que passent le contrôle des eaux rejetées, la prise d’échantillon et le curage du raccordement. Et c’est lui qui matérialise, dans la plupart des cas, la limite entre votre installation privée et le réseau public.
Où s’arrête chez vous
Il faut distinguer deux frontières que tout le monde confond, parce qu’elles ne se superposent pas.
La frontière MATÉRIELLE est claire. Le Code de l’eau impose que les raccordements à l’égout soient munis d’un regard de visite accessible, placé à un endroit offrant toutes garanties de contrôle. Dans la pratique décrite par CertIBEau, les travaux publics se terminent normalement par un regard de visite situé à la limite du domaine public et du domaine privé. C’est le point de jonction physique, et c’est aussi le point où l’on peut prélever un échantillon, inspecter et curer.
La frontière de RESPONSABILITÉ, elle, n’est définie par aucun article. Le Code n’énonce pas où s’arrête l’obligation d’entretien du particulier. Ce sont les règlements communaux qui tranchent, et ils divergent réellement. À Nassogne, le raccordement particulier, y compris la partie sous domaine public, est entretenu par le particulier à ses frais exclusifs. À Mons, la portion reliant l’habitation reste sous la responsabilité du propriétaire, et tout débouchage ou réparation sur le domaine public exige l’autorisation du collège.
Conclusion pratique, et c’est la seule honnête : pour savoir qui paie un bouchon sous votre trottoir, il faut lire le règlement communal de votre commune. Il n’existe pas de réponse wallonne unique. C’est aussi le document à consulter avant d’appeler un débouchage en urgence, parce qu’une intervention sur le domaine public sans autorisation vous laissera la facture.
Sur l’égout lui-même, en revanche, la règle est stable : le contrat d’égouttage prévoit que la commune assure l’entretien du réseau sur son territoire nonobstant le titre de propriété, et qu’elle est responsable de tout dommage par défaut d’entretien.
Quant à la propriété, elle est à deux étages. Les égouts posés ou réhabilités dans le cadre du contrat d’égouttage appartiennent à la SPGE, qui les finance. Le reste du réseau, c’est-à-dire la majorité de l’existant, appartient à la commune. Dans les deux cas, l’entretien courant reste communal.
Le regard de visite, pièce centrale du dispositif
Le regard de visite mérite qu’on s’y arrête, parce que c’est la seule pièce du dispositif que vous verrez et que vous manipulerez.
Il est obligatoire, il doit être accessible, et cette accessibilité n’est pas décorative : c’est par lui que se fait le contrôle de la quantité et de la qualité des eaux rejetées, la prise d’échantillon, et l’inspection ou le curage du raccordement privé. Un regard coulé sous une terrasse, enterré sous une pelouse ou recouvert par un aménagement extérieur crée un problème le jour où il faut intervenir, et il en crée un autre lors du passage d’un certificateur.
Le CertIBEau contrôle en effet deux volets : le réseau intérieur d’eau de distribution et l’évacuation des eaux usées et pluviales. Sur ce second volet, il vérifie notamment la séparation des eaux pluviales et des eaux usées pour toute nouvelle habitation, la présence d’un regard de visite accessible, la hiérarchie d’évacuation des eaux pluviales, et le dimensionnement de la fosse septique le cas échéant. Nous détaillons le dispositif dans notre article sur le CertIBEau.
Un point à connaître sur les eaux pluviales, parce qu’il surprend : l’égout est le DERNIER recours. La hiérarchie fixée par le Code de l’eau est l’infiltration dans le sol en priorité, puis, en cas d’impossibilité technique, le rejet en voie artificielle d’écoulement, et seulement ensuite l’égout.
Le refoulement : ce que le clapet ne règle pas
Il reste un risque dont on parle peu tant qu’il ne s’est pas produit : le refoulement, c’est-à-dire l’égout public qui remonte dans la cave.
Premier point à corriger, parce que la croyance inverse est répandue : le clapet anti-retour n’est pas obligatoire en Wallonie. Nous n’avons trouvé aucune disposition réglementaire l’imposant, et il ne figure pas dans l’article R.277.
Deuxième point, et il est plus utile : Buildwise ne le présente pas comme la bonne réponse, mais comme un repli. La solution prioritaire est de placer l’égout privé au-dessus du niveau de refoulement de l’égout public. À défaut, un système de pompage avec une boucle culminant un mètre au-dessus de ce niveau. Le clapet, lui, n’offre pas la même sécurité ; si l’on y recourt, Buildwise oriente vers un clapet de type 3, ou de type 2 pour les eaux grises, selon la norme NBN EN 13564.
Cette hiérarchie a une conséquence de conception : le niveau des appareils sanitaires en sous-sol se décide au plan, pas après coup. Un point d’eau placé sous le niveau de refoulement crée un risque permanent que le meilleur clapet ne supprime pas.
Sur la responsabilité en cas de refoulement, nous ne trancherons pas. La seule règle solidement établie est que la commune répond des dommages résultant d’un DÉFAUT D’ENTRETIEN du réseau. Un refoulement dû à un réseau sous-dimensionné relève d’une question différente, sur laquelle nous n’avons trouvé aucune position officielle wallonne. Les résultats de recherche sur ce point renvoient massivement à du droit français, qui ne s’applique pas ici.
Qui fait quoi, en un coup d’oeil
Le tableau ci-dessous résume qui fait quoi et qui paie quoi, avec la réserve principale sur chaque ligne.
| Tronçon ou opération | Qui décide ou exécute | Qui paie |
|---|---|---|
| Installation privée jusqu’au regard | Vous, entrepreneur de votre choix | Vous, dans tous les cas |
| Raccordement sous domaine public, égout existant | Commune ou prestataire qu’elle autorise | Vous, intégralement |
| Raccordement sous domaine public, lors d’un chantier d’égout neuf ou réhabilité | Entrepreneur du chantier communal | SPGE, un raccordement par habitation |
| Autorisation de raccordement | Collège communal, demande écrite préalable | Rémunération fixée par la commune |
| Entretien de l’égout public | Commune, quel que soit le propriétaire | Commune |
| Entretien du raccordement particulier | Selon le règlement communal | Selon le règlement communal, souvent le propriétaire |
| Regard de visite accessible | Obligatoire, à la limite public-privé | Vous, sauf prise en charge SPGE en chantier neuf |
Se raccorder à l’égout, étape par étape
La marche à suivre ci-dessous vaut pour une construction neuve comme pour une habitation existante que l’on raccorde.
- Étape 1 — Vérifier votre régime d’assainissement
Consultez le plan d’assainissement par sous-bassin hydrographique sur le géoportail wallon. Collectif : vous devez vous raccorder. Autonome : c’est une épuration individuelle agréée. Transitoire : le régime n’est pas encore arbitré, et des obligations spécifiques s’appliquent aux constructions neuves.
- Étape 2 — Demander le règlement communal AVANT tout devis
Réclamez à votre commune son règlement de raccordement et le formulaire d’autorisation. C’est ce document qui fixe la rémunération, la liste des prestataires autorisés, et surtout qui entretient le raccordement sous le trottoir. Le lire avant évite la discussion après.
- Étape 3 — Introduire la demande écrite au collège communal
L’autorisation préalable écrite du collège est une condition, pas une formalité. Déposez la demande suffisamment tôt : le calendrier du raccordement ne dépend pas de vous, et il peut conditionner la suite du chantier.
- Étape 4 — Faire exécuter la partie publique par un prestataire autorisé
Vous ne pouvez en aucun cas réaliser vous-même les travaux sous domaine public. Selon la commune : services techniques, entrepreneur agréé, ou votre entrepreneur sous contrôle communal. Faites confirmer par écrit quelle option s’applique.
- Étape 5 — Poser un regard de visite accessible et le laisser accessible
Le regard est obligatoire, à la limite du domaine public et privé. Ne le noyez pas sous une terrasse, une allée ou une pelouse : il servira au contrôle, au prélèvement et au curage, et le certificateur CertIBEau doit pouvoir l’ouvrir.
- Étape 6 — Séparer les réseaux et traiter les eaux pluviales dans le bon ordre
Toute nouvelle habitation doit séparer les eaux pluviales des eaux usées. Pour les pluviales, l’ordre est imposé : infiltration d’abord, voie artificielle d’écoulement ensuite, égout en dernier recours. Faites-le figurer au plan, pas au chantier.
- Étape 7 — Traiter le risque de refoulement au niveau du plan
Si des appareils sanitaires se trouvent en sous-sol, la réponse est de passer au-dessus du niveau de refoulement de l’égout public, ou de pomper avec une boucle. Le clapet anti-retour est un repli, pas une obligation, et il n’offre pas la même sécurité.
Questions fréquentes sur le raccordement à l’égout
En régime d’assainissement collectif, oui : les habitations situées le long d’une voirie équipée d’égouts doivent y être raccordées. Si la voirie vient à être équipée, le raccordement se fait pendant les travaux d’égouttage. En régime autonome, il n’y a pas d’égout et c’est une épuration individuelle agréée qui s’impose. Vérifiez votre régime sur le plan d’assainissement par sous-bassin hydrographique avant toute démarche.
Cela dépend d’une seule chose. Sur un égout déjà existant, le raccordement est intégralement à la charge du demandeur, partie publique comprise. Lors de la pose ou de la réhabilitation d’un égout par la commune, les travaux de raccordement sous domaine public sont incorporés au chantier et financés par la SPGE, à raison d’un raccordement par habitation, les travaux en zone privative restant à votre charge. S’y ajoute une rémunération fixée par la commune, qui varie de l’une à l’autre.
En domaine privé, oui, avec l’entrepreneur de votre choix. Sous le domaine public, non : la documentation officielle CertIBEau indique que le particulier ne peut en aucun cas effectuer les travaux lui-même. Trois voies existent selon ce que la commune organise, à savoir ses services techniques, un entrepreneur qu’elle agrée, ou votre entrepreneur sous contrôle communal.
Il n’existe pas de réponse wallonne unique, et c’est le point le plus mal connu du sujet. Le Code de l’eau ne définit pas la limite de responsabilité entre installation privée et réseau public. Ce sont les règlements communaux qui tranchent, et ils divergent : certaines communes laissent le raccordement particulier entièrement à charge du propriétaire, y compris sous domaine public. Lisez le règlement de votre commune, et n’intervenez pas sur le domaine public sans autorisation.
Non. Aucune disposition réglementaire wallonne ne l’impose et il ne figure pas dans l’article R.277. Buildwise le présente d’ailleurs comme une solution de repli, qui n’offre pas la même sécurité que les deux réponses prioritaires : placer l’égout privé au-dessus du niveau de refoulement de l’égout public, ou passer par un système de pompage avec une boucle un mètre au-dessus de ce niveau.
Conclusion
Le raccordement à l’égout est un de ces sujets où la règle régionale s’arrête à mi-chemin. Le Code de l’eau dit qui doit se raccorder, comment demander l’autorisation, qui peut exécuter les travaux publics et qui les finance selon le contexte. Il ne dit pas où s’arrête votre responsabilité d’entretien : ce point-là est renvoyé au règlement communal, et les communes ne répondent pas la même chose. La conséquence est simple à retenir. Le document décisif de ce dossier n’est pas régional, il est communal, et il se demande avant les travaux plutôt qu’après le bouchon.
L’essentiel à savoir :
- En régime d’assainissement collectif, l’habitation située le long d’une voirie équipée d’égouts doit y être raccordée, et le raccordement se fait pendant les travaux lorsque la voirie vient à être équipée.
- Le raccordement exige une autorisation écrite préalable du collège communal, et le particulier ne peut en aucun cas exécuter lui-même les travaux sous domaine public.
- Sur un égout existant, le raccordement est intégralement à charge du demandeur ; lors d’un chantier d’égout neuf ou réhabilité, la partie publique est financée par la SPGE.
- Le regard de visite est obligatoire et doit rester accessible : il sert au contrôle, au prélèvement, au curage et au passage du certificateur CertIBEau.
- La limite de responsabilité d’entretien n’est pas fixée par le Code de l’eau mais par le règlement communal, qui varie d’une commune à l’autre.








