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La peinture suédoise est une peinture que l’on cuisine soi-même, à base de farine. Écologique, sans solvant toxique et très économique, elle protège depuis des siècles les bardages en bois de Scandinavie, dont elle a tiré le fameux rouge de Falun des granges suédoises. Facile à réaliser avec quelques ingrédients simples, elle séduit autant pour son aspect mat profond que pour sa durabilité sur le bois extérieur. Ce guide donne la recette, détaille la préparation et l’application, et précise les supports qui lui conviennent.

La peinture suédoise, ou rouge de Falun, est une peinture à l’eau composée de farine, d’huile de lin et de pigments minéraux, traditionnellement appliquée sur les bardages en bois des pays nordiques. Elle laisse le bois respirer et se patine en vieillissant au lieu de s’écailler comme un film classique. Son grand atout est l’entretien : on la recharge d’une simple couche après un brossage, sans décapage ni ponçage. Économique et fabricable soi-même, elle habille aussi bien une façade qu’un abri de jardin ou une extension en bois.
Qu’est-ce que la peinture suédoise ?
La peinture suédoise, aussi appelée peinture à la farine ou peinture à l’ocre, est une recette traditionnelle nordique. Son principe est simple : une colle de farine sert de liant, dans laquelle on incorpore un pigment pour la couleur, du sulfate de fer pour protéger le bois, et un peu d’huile de lin pour la souplesse et la résistance à l’eau. Le résultat est une peinture microporeuse qui laisse respirer le bois au lieu de l’emprisonner, ce qui explique sa longévité sur les bardages exposés. Elle s’écaille peu et se rénove facilement, sans décapage.
La recette traditionnelle
| Ingrédient | Rôle | Remarque |
|---|---|---|
| Farine | Liant principal | Cuite avec l’eau, elle forme la colle de base |
| Eau | Solvant | Dilue et lie l’ensemble |
| Sulfate de fer | Fongicide et fixateur | Protège le bois et stabilise la teinte |
| Pigments naturels | Couleur | Ocres et terres pour les teintes traditionnelles |
| Huile de lin | Liant gras | Apporte souplesse et résistance à l’eau |
| Savon noir | Tensioactif (variante) | Améliore l’accroche sur le bois |
Le tableau ci-dessus présente les ingrédients de la recette traditionnelle et leur rôle. Les proportions varient selon les habitudes et la teinte recherchée, mais la logique reste constante : une colle de farine, un pigment, un protecteur et un liant gras. Privilégier des pigments naturels, ocres et terres, préserve le caractère écologique et donne ces teintes chaudes et mates typiques. Le célèbre rouge de Falun vient d’un pigment ocre associé au sulfate de fer.
À titre indicatif, une recette classique pour une dizaine de litres associe environ 6 litres d’eau, 1 kg de farine de seigle ou de froment, 1 kg de pigment (l’ocre dit « rouge de Falun »), 0,3 à 0,5 litre d’huile de lin et une poignée de sulfate de fer ou de savon noir selon les versions. La farine cuite dans l’eau forme une colle qui lie les pigments, tandis que l’huile de lin nourrit le bois et l’imperméabilise légèrement. Les proportions se règlent à l’usage : l’important est d’obtenir une consistance de bouillie fluide, ni trop épaisse ni trop liquide.
Préparer et appliquer
La préparation
La préparation se fait à la casserole, comme une recette de cuisine. On délaie la farine dans l’eau froide pour éviter les grumeaux, puis on chauffe doucement jusqu’à obtenir une colle lisse, sans la faire bouillir trop fort. Hors du feu, on incorpore le sulfate de fer dissous, les pigments délayés, puis l’huile de lin et, si on le souhaite, un peu de savon noir. Le mélange doit rester fluide et homogène. On prépare la quantité nécessaire au chantier, car la peinture se conserve mal une fois faite.
L’application
L’application se fait à la brosse, en couches fines et régulières, dans le sens du bois. Une première couche pénètre et protège ; après séchage complet, une seconde couche uniformise la teinte et renforce la tenue. Inutile de charger : la peinture suédoise couvre mieux en couches minces qu’en couches épaisses, qui sèchent mal. On travaille par temps sec et doux, en évitant le plein soleil et la pluie annoncée, pour un séchage régulier.
Sur quels supports
La peinture suédoise est faite pour le bois brut, non traité et absorbant : bardages, clôtures, abris de jardin, portails et menuiseries rustiques en extérieur. C’est sur ces supports qu’elle donne le meilleur d’elle-même, en pénétrant les fibres. Elle convient aussi à l’intérieur, sur des lambris ou des boiseries. En revanche, elle n’adhère pas sur un bois déjà peint avec une peinture filmogène, vernis ou lasure, ni sur des supports non poreux. Pour un projet de bardage, elle ne s’emploie donc que sur du bois naturel.
La peinture suédoise se réserve aux supports poreux qui laissent l’eau s’évaporer : bois brut ou déjà patiné, et certains enduits minéraux. Elle n’adhère pas sur un bois déjà couvert d’une lasure filmogène, d’un vernis ou d’une peinture acrylique : il faut alors décaper jusqu’au bois nu. Sur un bois neuf, un léger vieillissement ou un brossage améliore l’accroche ; sur un bardage grisé, un nettoyage et un brossage suffisent. Pour les principes de protection et de ventilation d’un bardage en bois, la référence reste Buildwise (revêtements de façade en bois).
Avantages et limites
Les atouts
Ses atouts sont nombreux : un coût dérisoire, des ingrédients naturels et sans solvant, une bonne durabilité sur le bois extérieur, un aspect mat profond et une rénovation facile, puisqu’il suffit de repasser une couche sans décaper. Ses limites tiennent à son champ d’application : elle exige un bois brut et poreux, ne convient pas aux supports déjà filmés, et sa préparation maison demande un peu de soin. La palette de teintes, enfin, reste celle des pigments naturels, dans des tons terreux et chauds plutôt que vifs.
Côté atouts, elle est écologique et saine : pas de solvant, pas de composé organique volatil, des matières premières simples et peu coûteuses. Ses limites tiennent à sa nature : la palette se cantonne aux teintes minérales (rouge de Falun, ocres, gris, noir), le rendu est mat et légèrement irrégulier, et elle ne convient ni aux supports lisses et fermés ni aux façades enduites modernes. C’est un choix d’aspect traditionnel et chaleureux.
Durée de vie et entretien
Sa durée de vie dépend de l’exposition : de l’ordre de cinq à dix ans sur une façade exposée au sud et à la pluie battante, davantage sur un pignon abrité ou un abri de jardin. Son atout décisif est l’entretien : elle ne s’écaille pas comme un film, elle se délave et farine en surface. Pour la renouveler, ni décapage ni ponçage : un brossage des parties pulvérulentes, puis une nouvelle couche appliquée directement. Ce cycle de recharge, simple et peu coûteux, explique sa longévité réelle sur plusieurs décennies.
Réaliser sa peinture suédoise pas à pas
- Étape 1 — Préparez la colle de farine
Délayez la farine dans l’eau froide, puis chauffez doucement jusqu’à obtenir une colle lisse, sans gros bouillons.
- Étape 2 — Incorporez le sulfate de fer
Hors du feu, ajoutez le sulfate de fer dissous, qui protège le bois et stabilise la teinte.
- Étape 3 — Ajoutez pigments et huile de lin
Incorporez les pigments délayés puis l’huile de lin, et un peu de savon noir si souhaité.
- Étape 4 — Préparez le support
Travaillez sur un bois brut, propre et sec ; la peinture n’adhère pas sur un bois déjà peint ou verni.
- Étape 5 — Appliquez en couches fines
À la brosse, dans le sens du bois, par temps sec et doux, sans charger.
- Étape 6 — Passez une seconde couche
Après séchage complet, appliquez une deuxième couche pour uniformiser la teinte et renforcer la tenue.
En pratique, on applique généralement deux couches fines à la brosse, en croisant les passes, sur un support sec et à l’abri du plein soleil pour éviter un séchage trop rapide. La seconde couche se pose une fois la première bien sèche, en veillant à ne pas surcharger les zones déjà couvertes.
FAQ
Une peinture traditionnelle nordique à base de farine, écologique et sans solvant, utilisée pour protéger les bois extérieurs. Elle a donné le rouge de Falun des granges suédoises.
De la farine, de l’eau, du sulfate de fer, des pigments naturels et de l’huile de lin, parfois un peu de savon noir. La farine cuite sert de liant.
Sur du bois brut, non traité et poreux : bardages, clôtures, abris, portails, ainsi que lambris en intérieur. Elle n’adhère pas sur un bois déjà peint ou verni.
Plusieurs années en extérieur. Sa rénovation est facile : il suffit de repasser une couche sans décaper, ce qui prolonge indéfiniment sa protection.
Oui, sur des lambris et boiseries en bois brut. À l’intérieur, elle apporte le même aspect mat et la même origine écologique qu’en extérieur.
Cette teinte vient d’un pigment ocre, à l’origine résidu d’une mine de cuivre, associé au sulfate de fer. Elle a coloré quantité de granges et maisons en Suède.
L’essentiel
- La peinture suédoise, à base de farine, est écologique et économique, connue pour protéger les bardages en bois.
- Elle se prépare facilement avec des ingrédients naturels comme la farine, le sulfate de fer et des pigments.
- Cette peinture microporeuse permet au bois de respirer, offrant durabilité et résistance à l’eau.
- On l’applique en couches fines, sur du bois brut, en assurant un séchage régulier.
- Ses avantages incluent un coût faible et une rénovation facile, mais elle ne convient pas aux bois déjà peints.








