Sommaire
- Le gaz aujourd’hui : pratique, mais plus le favori
- Ce qui a changé en Wallonie
- Pourquoi le gaz est sur la sellette
- Le gaz et le PEB
- Les alternatives et la transition
- Si vous construisez ou rénovez maintenant
- Choisir son chauffage à l’heure de la sortie du gaz, étape par étape
- Questions fréquentes
- Conclusion
L’essentiel. Le gaz a longtemps été le choix par défaut du chauffage en Belgique : pratique, compact, disponible au réseau ou en citerne. Mais son avenir se resserre. En Wallonie, le mazout et le charbon sont désormais interdits dans le neuf, et toute construction doit intégrer une part d’énergie renouvelable qu’une chaudière gaz seule ne peut pas fournir. Le gaz n’est pas encore interdit, mais il est clairement sur une trajectoire de sortie. Voici ce que cela change concrètement, et par quoi le remplacer.
Le gaz aujourd’hui : pratique, mais plus le favori
Le gaz garde des atouts concrets. Au réseau de distribution, il évite tout stockage et se raccorde simplement ; en citerne, il reste accessible là où le réseau n’arrive pas. Une chaudière murale au gaz est compacte et se loge dans un placard. Ces qualités expliquent sa popularité, mais elles ne suffisent plus à répondre aux exigences énergétiques et climatiques d’aujourd’hui.
À ces atouts pratiques s’oppose une faiblesse devenue criante : la volatilité des prix. Les tensions géopolitiques des dernières années ont rappelé à quel point une facture de gaz peut s’envoler, un risque qui pèse aussi dans la balance au moment de choisir.
Ce qui a changé en Wallonie
Depuis le 1er janvier 2026, toute construction neuve ou reconstruction en Wallonie doit respecter deux règles : l’interdiction d’installer une chaudière au mazout ou au charbon, et l’obligation de couvrir au moins 35 % de sa consommation d’énergie par des sources renouvelables. Ces obligations sont détaillées sur le portail énergie du Service public de Wallonie et sa page dédiée à l’énergie renouvelable.
Le gaz, lui, n’est pas explicitement interdit dans le neuf, à la différence du mazout ou de la Flandre voisine. Mais l’obligation de 35 % de renouvelable rend une chaudière gaz seule insuffisante : il faut la compléter, ou choisir une autre solution. Autrement dit, le gaz survit dans les textes, mais devient difficile à justifier seul.
Pour les logements existants, rien ne change du jour au lendemain : personne n’est contraint de déposer une chaudière gaz en état de marche. La bascule se joue au fil des remplacements et des rénovations, pas par une interdiction brutale du parc en place.
Pourquoi le gaz est sur la sellette
La raison est simple : le gaz est une énergie fossile, qui ne pourra jamais devenir 100 % renouvelable. La Wallonie a donc annoncé devoir mettre en place une stratégie de sortie, et les aides publiques ne soutiennent plus les chaudières fossiles. À l’échelle européenne, l’objectif affiché est de mettre fin aux chaudières à combustibles fossiles à l’horizon 2040, comme le rappelle Test Achats. Investir aujourd’hui dans une installation 100 % gaz, c’est parier contre le sens de l’histoire réglementaire.
Cette trajectoire ne fait pas l’unanimité : une partie du secteur juge le calendrier ambitieux au regard de la capacité réelle à équiper tous les ménages en solutions renouvelables. Le cap, lui, semble néanmoins fixé.
| Situation | Le gaz, où en est-on ? |
|---|---|
| Construction neuve | Le gaz reste autorisé, mais l’obligation de 35 % d’énergie renouvelable exclut une chaudière gaz seule |
| Mazout et charbon en neuf | Interdits depuis le 1er janvier 2026 (systèmes de chauffage et d’eau chaude) |
| Rénovation et remplacement | Installer ou remplacer une chaudière gaz reste légal aujourd’hui |
| Aides et primes | Réservées aux solutions renouvelables ; plus de prime pour le gaz |
| Horizon européen | Objectif de fin des chaudières à combustibles fossiles visé vers 2040 |
Le gaz et le PEB
Sur le certificat de performance énergétique, le gaz pèse comme toute énergie fossile : il alourdit le bilan et tire l’étiquette vers le bas, là où une pompe à chaleur ou le solaire l’améliorent. Dans le neuf, cet effet se cumule avec l’obligation de renouvelable. Pour comprendre ce que la note traduit vraiment, voir notre article sur ce que le certificat PEB mesure.
Les alternatives et la transition
Plusieurs solutions répondent aux nouvelles règles. La pompe à chaleur est l’alternative de référence, y compris pour l’eau chaude. Le système hybride, qui associe une chaudière à une pompe à chaleur, sert de pont : la pompe couvre l’essentiel des besoins, la chaudière prend le relais lors des pics de froid. La biomasse à pellets et le chauffage au bois, ainsi que le solaire thermique, complètent la palette. Le bon choix dépend du logement, de l’isolation et du budget.
Un point conditionne toutes ces alternatives : l’isolation. Une pompe à chaleur ne donne son plein rendement que dans un logement correctement isolé et sur des émetteurs adaptés, à basse température de préférence. Penser le chauffage sans penser l’enveloppe mène à la déception.
Les aides wallonnes, réorientées vers ces équipements renouvelables, rendent le surcoût initial plus supportable, à condition de se renseigner sur les montants et les conditions du moment.

Face au gaz, la pompe à chaleur s’impose comme l’alternative de référence en Wallonie, seule ou en système hybride associée à une chaudière. Elle permet de couvrir l’obligation d’énergie renouvelable des constructions neuves et d’anticiper la sortie annoncée des combustibles fossiles.
Si vous construisez ou rénovez maintenant
En construction neuve, la question est tranchée : il faut du renouvelable, et la pompe à chaleur s’impose le plus souvent, seule ou en hybride. En rénovation, le gaz reste possible, mais mieux vaut réfléchir à la trajectoire : remplacer à l’identique une vieille chaudière gaz, c’est repartir pour quinze ou vingt ans sur une énergie en sursis. L’hybride ou la pompe à chaleur, couplés à une bonne isolation, sécurisent l’investissement sur la durée.
L’énergie de chauffage devient enfin un critère de valeur : à l’heure où le PEB s’affiche dans chaque annonce, un logement encore dépendant du gaz pourra, demain, se vendre moins facilement qu’un bien déjà décarboné.
Choisir son chauffage à l’heure de la sortie du gaz, étape par étape
- Étape 1 — Distinguer neuf et rénovation
En construction neuve, l’obligation d’énergie renouvelable prime ; en rénovation, le gaz reste possible mais sans aides.
- Étape 2 — Regarder l’impact PEB
Le gaz, énergie fossile, pèse sur le certificat énergétique : intégrez-le dans votre calcul.
- Étape 3 — Comparer les alternatives
Pompe à chaleur, système hybride, biomasse ou solaire thermique répondent à l’obligation renouvelable.
- Étape 4 — Envisager l’hybride comme transition
Associer une pompe à chaleur à une chaudière existante lisse le passage vers le renouvelable.
- Étape 5 — Anticiper la trajectoire
Évitez d’investir dans une installation 100 % fossile que la réglementation rattrapera.
- Étape 6 — Vérifier les aides du moment
Renseignez-vous sur les primes wallonnes en vigueur, désormais orientées vers le renouvelable.
Questions fréquentes
Non, pas à ce jour. Ce sont le mazout et le charbon qui sont interdits en construction neuve depuis le 1er janvier 2026. Le gaz reste toléré, mais la Wallonie a annoncé une stratégie de sortie des énergies fossiles.
Le gaz n’est pas interdit en tant que tel, mais toute construction neuve doit couvrir au moins 35 % de sa consommation par de l’énergie renouvelable : une chaudière gaz seule ne suffit donc pas.
Installer ou remplacer une chaudière au gaz reste légal dans l’existant. En revanche, les primes ne soutiennent plus le gaz, mais les alternatives renouvelables.
La pompe à chaleur, les systèmes hybrides (chaudière associée à une pompe à chaleur), la biomasse à pellets ou le solaire thermique, selon le logement et le budget.
Oui. Comme énergie fossile, il alourdit le bilan énergétique du bâtiment et pèse sur son étiquette, à la différence des solutions renouvelables.
Conclusion
Se chauffer au gaz reste possible en Wallonie, mais le cadre s’est nettement resserré : interdiction du mazout et du charbon dans le neuf, obligation de renouvelable, fin des aides et sortie des fossiles annoncée. Le gaz n’est pas mort, il est en transition, et chaque nouvelle installation gagne à intégrer cette réalité. La vraie question n’est plus « le gaz est-il un bon choix ? » mais « pour combien de temps encore ? ».
L’essentiel à savoir :
- En Wallonie, le mazout et le charbon sont interdits en construction neuve depuis le 1er janvier 2026.
- Le gaz, lui, reste toléré, mais une stratégie de sortie des fossiles a été annoncée.
- Toute construction neuve doit couvrir au moins 35 % de sa consommation par du renouvelable : le gaz seul ne suffit plus.
- En rénovation, le gaz reste légal, mais sans aides ; l’Europe vise la fin des chaudières fossiles vers 2040.
- Les alternatives : pompe à chaleur, systèmes hybrides, biomasse, solaire thermique.










