Table des matières
- Ce qui change au 1er octobre 2026
- Le saut de label, la nouvelle condition d’entrée
- Rénopack ou Rénoprêt : à quel dispositif avez-vous droit ?
- Combien pouvez-vous financer ?
- L’audit préalable devient la porte d’entrée
- Un accompagnement qui se met en place en deux temps
- Ce que cela change concrètement pour votre projet
- Comment préparer votre dossier, étape par étape
- Conclusion
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L’essentiel. À partir du 1er octobre 2026, la Wallonie remplace son système d’aides à la rénovation, poste par poste, par un soutien réservé aux projets de rénovation globaux. Deux dispositifs de prêt prennent le relais, le Rénopack et le Rénoprêt. Pour y accéder, votre logement devra progresser d’un nombre minimum de labels PEB, et un audit énergétique devra être réalisé avant les travaux. Le financement peut atteindre 75 000 € pour une maison unifamiliale.
Ce qui change au 1er octobre 2026
Le Gouvernement wallon a approuvé le 16 juillet 2026 les modalités de son nouveau régime de soutien à la rénovation énergétique, dont les grandes lignes sont publiées sur le portail de la Wallonie. Le changement est d’abord un changement de philosophie : on ne soutient plus des travaux isolés, mais des projets de rénovation cohérents.
Concrètement, un propriétaire qui remplaçait ses châssis une année et isolait sa toiture deux ans plus tard pouvait solliciter une aide à chaque étape. Ce fonctionnement disparaît. Le nouveau régime cible les logements les moins performants et conditionne son soutien à un résultat mesurable sur la performance énergétique du logement.
Ce recentrage s’accompagne d’un changement d’instrument. La subvention directe cède la place au prêt, avec un mécanisme de réduction du montant à rembourser qui joue, pour les revenus les plus modestes, un rôle équivalent à celui d’une prime.
Le saut de label, la nouvelle condition d’entrée
C’est la condition qui structure tout le dispositif : le projet doit faire progresser le logement d’un nombre minimum de labels PEB. Les seuils ont été fixés par le Gouvernement wallon et sont détaillés dans le communiqué de la Ministre de l’Énergie.
Logements labellisés G ou F
Les logements les plus énergivores doivent atteindre au minimum le label D, ce qui correspond à une consommation spécifique inférieure ou égale à 340 kWh par mètre carré et par an. C’est le cas de figure le plus courant dans le bâti wallon ancien non rénové.
Logements labellisés E
Pour un logement déjà partiellement rénové, classé E, l’exigence monte d’un cran : il faut atteindre au minimum le label C, soit une consommation spécifique inférieure ou égale à 255 kWh par mètre carré et par an.
Cette logique de saut de label a une conséquence pratique immédiate : elle rend l’ordre des travaux déterminant. Isoler l’enveloppe avant de remplacer le système de chauffage n’est plus seulement une bonne pratique technique, c’est ce qui permet d’atteindre le seuil exigé.
Rénopack ou Rénoprêt : à quel dispositif avez-vous droit ?
Le régime repose sur deux prêts distincts, dont l’accès dépend de la catégorie de revenus du ménage. Le Rénopack est un prêt à taux zéro assorti d’une réduction du montant à rembourser : cette réduction joue exactement le rôle d’une subvention, et elle est d’autant plus importante que les revenus sont modestes. Le Rénoprêt, lui, s’adresse aux revenus plus élevés, aux propriétaires-bailleurs et aux associations de copropriétaires, sous la forme d’un prêt à taux variable avantageux.
Le tableau ci-dessous reprend les catégories et les taux de réduction publiés par le Gouvernement wallon le 16 juillet 2026. Ces valeurs sont susceptibles d’évoluer : avant de chiffrer un projet, vérifiez-les sur la source officielle.
| Catégorie de revenus | Revenus imposables globalement | Dispositif | Avantage |
|---|---|---|---|
| C1 | Jusqu’à 28 900 € | Rénopack | Prêt à taux zéro, réduction de 50 % du montant à rembourser |
| C2 | De 28 900,01 € à 41 100 € | Rénopack | Prêt à taux zéro, réduction de 40 % |
| C3 | De 41 100,01 € à 67 100 € | Rénopack | Prêt à taux zéro, réduction de 15 % |
| C4 | De 67 100,01 € à 122 800 € | Rénoprêt | Prêt à taux variable avantageux |
| Propriétaires-bailleurs | Sans condition de catégorie | Rénoprêt | Prêt à taux variable avantageux |
| Copropriétés | Parties communes | Rénoprêt | Prêt à taux zéro, 60 000 € par logement pour les parties communes |
À noter, deux situations bénéficient d’un taux zéro indépendamment de la catégorie de revenus : les travaux d’adaptation du logement au handicap et les travaux consécutifs à un sinistre. Deux précisions de lecture : les réductions de 50, 40 et 15 % comprennent une majoration de 5 % liée à l’emploi d’écomatériaux, sans lequel elles retombent à 45, 35 et 10 % ; les montants de revenus sont indexés au 1er janvier 2026 et une réduction de 5 000 € par personne à charge s’applique au revenu pris en compte.
Combien pouvez-vous financer ?
Les plafonds ont été relevés par rapport au dispositif actuel. Pour une maison unifamiliale, le financement peut atteindre 75 000 €. Pour un appartement, le plafond est de 60 000 € par logement pour les travaux réalisés dans les parties privatives.
Les associations de copropriétaires peuvent mobiliser le dispositif pour les parties communes sous la forme d’un prêt à taux zéro, à hauteur de 60 000 € par logement, avec un plafond global de 600 000 € pour les immeubles de moins de 20 lots et de 750 000 € à partir de 20 lots. C’est une nouveauté importante : les copropriétés étaient jusqu’ici le maillon faible de la rénovation énergétique du bâti wallon.
Ces montants sont à comparer avec ceux du dispositif encore en vigueur aujourd’hui, dont les conditions sont décrites sur la page officielle du financement des travaux de rénovation. Les paramètres actuels, notamment le plafond de 60 000 € et les conditions liées aux personnes à charge, changent au 1er octobre.
L’audit préalable devient la porte d’entrée
C’est probablement le point qui aura le plus d’effet sur le calendrier des chantiers : un audit énergétique doit être réalisé avant les travaux pour accéder au financement. Sans audit, pas de prêt.
La bonne nouvelle est que le coût de cet audit est une dépense éligible et peut être intégré au financement. La contrainte est ailleurs : il faut anticiper. Un auditeur agréé doit être disponible, l’audit doit être réalisé, et son rapport détermine ensuite l’ordre et la nature des travaux qui permettront d’atteindre le saut de label exigé.
Pour un chantier prévu au printemps, cela signifie enclencher la démarche dès cet automne.
Un accompagnement qui se met en place en deux temps
La Wallonie annonce un « parcours du rénovateur » construit sur le principe du guichet unique. La mise en place est progressive. À partir du 1er octobre 2026, ce sont les structures existantes qui coordonnent l’accompagnement des ménages. L’Agence wallonne de l’Habitation reprendra le pilotage à partir du 1er janvier 2028, avec un agrément uniforme des opérateurs et une couverture de l’ensemble du territoire.
Autrement dit, la première année du nouveau régime sera une période de transition sur le volet accompagnement, alors que les règles de financement, elles, s’appliquent dès le 1er octobre.
Un entretien avec un conseiller reste le moyen le plus rapide de savoir où se situe votre logement et ce que le nouveau régime change pour vous. Les Conseillers Énergie et Logement de la Wallonie tiennent un espace au cœur du salon Batireno et Energie & Habitat, et des auditeurs y sont également présents. Venir avec le certificat PEB du logement, une facture énergétique récente et les dimensions des surfaces concernées permet de sortir de l’entretien avec une première hiérarchie de travaux.
Ce que cela change concrètement pour votre projet
Si votre logement est classé G, F ou E et que vous envisagiez des travaux en ordre dispersé, le calcul change. Regrouper les postes dans un seul projet devient la condition d’accès au financement, et non plus une simple option d’optimisation. L’isolation est presque toujours le premier poste de ce bouquet, et le choix des matériaux pèse sur le résultat comme sur le confort : nous l’avons détaillé dans notre article consacré à l’isolation avec des matériaux naturels.
Si vous aviez un chantier prêt à démarrer, la question du calendrier se pose : les demandes introduites sous le régime actuel et celles qui relèveront du nouveau ne suivent pas les mêmes règles. C’est un point à trancher avec un conseiller avant de signer un devis. Croiser plusieurs avis avant de signer reste le réflexe le plus utile : la liste des exposants du salon permet de repérer en amont les entreprises et les bureaux d’études à rencontrer.
Si vous êtes copropriétaire, l’ouverture du dispositif aux parties communes mérite d’être portée à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale : les montants mobilisables sont sans commune mesure avec ce qui existait.
Le sujet sera traité en détail au salon Batireno et Energie & Habitat, le vendredi 16 octobre 2026 de 18h à 19h, pendant la Nuit de l’énergie, avec une conférence de Sylvain Baudoin (FEDEB) entièrement consacrée au nouveau régime. Le programme complet est publié sur la page des conférences du salon, et l’organisateur détaille la réforme dans un article dédié sur son blog. Nous avons repris l’ensemble du programme des conférences thème par thème.
Comment préparer votre dossier, étape par étape
Le nouveau régime récompense les dossiers préparés. Voici l’enchaînement à respecter pour ne pas se retrouver bloqué à l’automne.
- Étape 1 : faire établir le certificat PEB du logement pour connaître son label de départ.
Le label de départ conditionne tout le reste : c’est lui qui détermine si le logement entre dans le champ du soutien et quel niveau il devra atteindre après travaux. Un certificat antérieur à des travaux déjà réalisés ne reflète plus la situation réelle du bien. Mieux vaut le faire actualiser avant de bâtir le projet, sous peine de raisonner sur un point de départ faux.
- Étape 2 : vérifier que ce label est bien G, F ou E, les seuls niveaux qui ouvrent le droit au nouveau soutien.
Le régime ne s’adresse qu’aux logements les plus énergivores. Un bien classé D ou mieux n’ouvre pas droit aux deux prêts, même si des travaux y restent pertinents. La Région assume ce ciblage : elle vise les logements qualifiés de passoires énergétiques, présentés comme l’un des principaux défis du parc immobilier wallon. Vérifier ce point avant d’engager des frais d’étude évite de construire un dossier sur une hypothèse fausse.
- Étape 3 : commander l’audit préalable, obligatoire pour accéder au Rénopack comme au Rénoprêt.
L’audit se réalise avant les travaux, jamais après : la Wallonie en fait une condition d’accès aux deux prêts. Son coût figure dans la liste des investissements éligibles et peut donc être intégré au financement. Pour les ménages de la catégorie C1, l’expertise énergétique réalisée dans le cadre de l’octroi d’un Rénopack pourra valoir pour audit.
- Étape 4 : situer ses revenus imposables globalement dans les catégories C1 à C4 pour savoir quel dispositif s’applique.
Les revenus imposables globalement du ménage déterminent le dispositif applicable et l’ampleur de l’avantage. Les catégories C1 à C3 relèvent du Rénopack, la catégorie C4 du Rénoprêt, comme les propriétaires-bailleurs et les associations de copropriétaires. Deux précisions comptent avant de se situer dans le tableau : les montants sont indexés au 1er janvier 2026 et une réduction de 5 000 € par personne à charge s’applique aux revenus pris en compte, ce qui peut faire basculer un ménage dans une catégorie plus favorable.
- Étape 5 : construire avec l’auditeur un bouquet de travaux qui atteint le saut de label exigé, D pour un logement G ou F, C pour un logement E.
Le nouveau régime ne finance plus un poste isolé mais un projet cohérent : l’aide est calculée globalement sur l’ensemble des travaux éligibles, toiture, isolation, châssis, chauffage, et non plus poste par poste. L’auditeur hiérarchise les interventions et vérifie que la combinaison retenue atteint bien le saut de label exigé, D pour un logement G ou F, C pour un logement E. Un bouquet qui améliore le logement sans atteindre ce seuil sort du dispositif.
- Étape 6 : chiffrer le projet en tenant compte des plafonds, 75 000 € pour une maison unifamiliale et 60 000 € par logement en appartement.
Le plafond fixe ce qui peut être emprunté, pas ce que coûtent les travaux. Il passe à 75 000 € pour une maison unifamiliale, contre 60 000 € aujourd’hui. En copropriété, le financement des parties communes atteint 60 000 € par logement, avec un plafond global de 600 000 € en dessous de 20 lots et de 750 000 € à partir de 20 lots. Le solde éventuel se finance en dehors du dispositif : autant l’intégrer au plan de financement dès l’étude.
- Étape 7 : introduire la demande de prêt à partir du 1er octobre 2026, le coût de l’audit pouvant être intégré au financement.
Les demandes s’introduisent sous le nouveau régime à partir du 1er octobre 2026. Jusqu’au 1er janvier 2028, le dispositif s’appuie sur les services existants, Guichets Énergie, Société wallonne du Crédit social, Fonds du Logement, plateformes locales de rénovation énergétique. C’est ensuite la future Agence wallonne de l’Habitation qui en prendra le pilotage, avec un système d’agrément des opérateurs. Un projet lancé maintenant a donc intérêt à caler son calendrier d’audit et de devis sur cette date d’entrée en vigueur.
Le Gouvernement wallon a approuvé les modalités du futur régime de soutien le 16 juillet 2026, pour une entrée en vigueur au 1er octobre 2026. Les demandes introduites à partir de cette date relèvent du nouveau dispositif, construit autour de deux prêts et non plus de primes accordées poste par poste.
Le soutien régional est réservé aux logements disposant d’un label PEB G, F ou E. Un logement G ou F doit atteindre au minimum le label D grâce aux travaux, soit un ESPEC inférieur ou égal à 340 kWh/m².an. Un logement classé E doit atteindre au minimum le label C, soit un ESPEC inférieur ou égal à 255 kWh/m².an. Sans ce saut de label, le projet n’ouvre pas le droit au soutien.
Le Rénopack est un prêt à taux zéro assorti d’une réduction du montant à rembourser, assimilable à une subvention. Il concerne les ménages des catégories de revenus C1, C2 et C3, avec une réduction de 50 %, 40 % et 15 % respectivement. Le Rénoprêt est un prêt dont le taux dépend de la catégorie de revenus ; il est réservé à la catégorie C4, aux propriétaires-bailleurs et aux associations de copropriétaires.
Oui. Pour accéder aux prêts, les ménages doivent impérativement réaliser un audit préalablement aux travaux. Cet audit fait partie de la liste des investissements éligibles, son coût peut donc être intégré au financement. Pour les ménages de catégorie C1, l’expertise énergétique réalisée dans le cadre de l’octroi d’un Rénopack pourra valoir pour audit.
Le montant pouvant être emprunté est porté à 75 000 € pour une maison unifamiliale, contre 60 000 € jusqu’ici. Pour les travaux réalisés dans les parties privatives d’un appartement, chaque logement peut bénéficier d’un financement allant jusqu’à 60 000 €, les revenus du ménage demandeur ne pouvant excéder 122 800 €. Pour les parties communes, le plafond global est fixé à 600 000 € pour les copropriétés de moins de 20 lots et à 750 000 € à partir de 20 lots.
L’aide régionale sera désormais calculée globalement sur l’ensemble des travaux éligibles du projet de rénovation, toiture, isolation, châssis ou chauffage, et non plus poste par poste. C’est ce changement qui explique l’exigence de rénovation globale : un remplacement de châssis isolé, sans saut de label à la clé, ne suffit plus à déclencher le soutien.
Conclusion
Le basculement du 1er octobre 2026 n’est pas un simple ajustement de barème : il change la logique même du soutien wallon. On passe d’une aide accordée travaux par travaux à un financement global conditionné à un résultat mesurable, le saut de label. Pour les ménages dont le logement est classé G, F ou E, l’équation reste favorable, à condition d’anticiper l’audit et de raisonner en projet complet plutôt qu’en interventions successives. Pour les autres, le soutien régional se referme. Dans les deux cas, la première démarche utile est la même : connaître le label PEB de son logement et faire chiffrer, avec un auditeur, le chemin qui mène au niveau exigé.
L’essentiel à savoir :
- À partir du 1er octobre 2026, la Wallonie remplace ses primes poste par poste par deux prêts, le Rénopack et le Rénoprêt.
- Le soutien est réservé aux logements labellisés G, F ou E, à condition d’atteindre au minimum le label D (ESPEC ≤ 340 kWh/m².an) ou C (ESPEC ≤ 255 kWh/m².an).
- Le Rénopack, à taux zéro, s’adresse aux catégories C1 à C3 avec une réduction du montant à rembourser de 50 %, 40 % et 15 %, majoration écomatériaux comprise.
- Un audit préalable devient obligatoire pour accéder aux prêts ; son coût est éligible au financement.
- Les plafonds passent à 75 000 € pour une maison unifamiliale et 60 000 € par logement en appartement, avec un plafond global de 600 000 € ou 750 000 € pour les parties communes.