L'ossature bois : le vrai du faux

L'ossature bois : le vrai du faux
Mise en avant depuis les années 1970 pour ses qualités écologiques et énergétiques, la construction en ossature bois gagne de plus en plus de parts de marché. Beaucoup d’idées toutes faites pourraient vous influencer quant au choix de cette technique. Vérifions en quelques-unes pour départager le vrai du faux. 

1. L’AVANTAGE DE LA CONSTRUCTION EN OSSATURE BOIS RÉSIDE DANS SA SIMPLICITÉ DE MISE EN OEUVRE, À LA PORTÉE DE TOUT BON BRICOLEUR.

FAUX.

La construction en ossature demande une réflexion préalable poussée et de bonnes connaissances techniques. Il ne suffit pas de clouer ensemble des « bouts de bois ». Une mise en oeuvre correcte nécessite de maîtriser les principes de remontées capillaires d’humidité, de transmission de la chaleur au travers d’une paroi, de diffusion de la vapeur, d’acoustique aux bruits aériens et d’impacts ou encore de traitements fongicides et insecticides. Vous lancer dans ces travaux sans en avoir la maîtrise complète conduira immanquablement au-devant de gros problèmes. 

2. POUR UNE MÊME ÉPAISSEUR DE MUR, UNE CONSTRUCTION EN OSSATURE BOIS EST PLUS ISOLANTE.

VRAI.

En ossature bois, la totalité de l’épaisseur de la structure est réalisée en matériaux isolants. Il n’est donc pas étonnant que les murs d’une ossature nécessitent moins d’espace que ceux d’une construction en maçonnerie. Prudence ! Ce raisonnement n’est valable que si l’isolant possède la même conductivité thermique dans les deux cas.

Toutefois, il n’est pas rare de constater la mise en oeuvre d’isolants « bio » dans les structures en bois. Ceux-ci sont généralement 30 à 50 % moins isolants que leurs concurrents issus de l’industrie chimique. Dans ce cas, pour obtenir une résistance thermique équivalente, le gain en place intérieur n’est pas toujours significatif. De plus, pour poser les gaines techniques (électricité, sanitaire...), une cloison de doublage intérieure doit souvent être réalisée contre l’ossature afin de ne pas endommager son étanchéité à l’air. Le gain final est donc parfois minime.

3. UNE CONSTRUCTION EN OSSATURE BOIS EST PLUS ÉCOLOGIQUE QU’UNE CONSTRUCTION EN TERRE CUITE.

VRAI.

Mais la différence théorique est assez faible. Si l’on compare l’impact du cycle de vie entre un mur en ossature bois et un mur en maçonnerie sur 17 critères différentes, seuls trois sont fortement différents : le changement climatique, l’utilisation du territoire et l’épuisement des ressources fossiles. Il est toutefois facile de mettre en doute de tels résultats reposant avant tout sur des hypothèses de calcul. Dans tous les cas, si vous souhaitez limiter votre impact écologique en construisant en bois, optez pour des bois certifiés FSC ou PEFC qui présentent un traitement adapté pour garantir leur longévité et des critères de qualité.

4. UNE CONSTRUCTION EN OSSATURE BOIS NE PERMET PAS DE RÉPONDRE À LA NORME ACOUSTIQUE EN VIGUEUR DE NOS JOURS.

FAUX. 

Selon le CSTC, « ce type de construction permet de répondre assez facilement à la norme belge NBN S01-400-1 relative aux immeubles d’habitation. Toutefois, cela ne signifie pas que cette technique offre un niveau de protection et un confort acoustique identiques à celui des constructions lourdes ». La technique des doubles cloisons et la désolidarisation de certains éléments permettront d’atteindre, dans la plupart des cas, le confort souhaité. Pour certaines nuisances issues de basses fréquences, il sera difficile d’obtenir le confort souhaité à faible coût. Cela n’empêche pas pour autant la construction de répondre à la norme qui ne prend pas en compte ces nuisances dues aux basses fréquences. 

5. UNE CONSTRUCTION EN OSSATURE BOIS POSE PLUS DE PROBLÈMES DE SURCHAUFFE EN ÉTÉ QU’UNE CONSTRUCTION EN MAÇONNERIE.

FAUX.

Le type de vitrage, la dimension et l’orientation des fenêtres, ainsi que la pose de protection solaire auront un impact bien plus important que la faible inertie thermique que pourrait présenter une construction en ossature bois. L’inertie caractérise la capacité d’un bâtiment à capter la chaleur ou la fraicheur et à la rediffuser dans le temps. Cette inertie est liée à la masse du bâtiment. Plus il contient d’éléments massifs et moins les différences de températures estivales ou hivernales s’y ressentiront rapidement.

Par les compositions de ses parois, l’ossature bois n’est pas massive : elle est composée essentiellement de matériaux légers. Pour ne pas avoir de problèmes de surchauffe ou de baisse brutale de température, l’idéal est de combiner, au sein de la construction, des éléments massifs (masse des parois supérieure à 100 kg/m2 – dalle et chape en béton) et, en façades, des éléments plus légers en ossatures bois. Vous conserverez ainsi la bonne isolation de l’ossature bois avec l’inertie d’une construction massive. Ainsi, une construction en ossature bois bien conçue ne posera pas nécessairement de problèmes de surchauffe.

6. RÉSOUDRE UN NOEUD CONSTRUCTIF EST PLUS AISÉ EN OSSATURE BOIS.

VRAI DANS 95% DES CAS.  

Pour mémoire, un noeud constructif caractérise un raccord entre différentes parois composant l’enveloppe d’une construction ou encore une partie d’une paroi de moindre résistance thermique. Une des règles PEB pour obtenir un noeud PEB conforme consiste à imposer que la conductivité d’un élément interposé entre deux couches isolantes (des poteaux dans une ossature bois) soit inférieure ou égale à 0.2W/mk. C’est le cas du bois en général. Pour la plupart des jonctions de parois au sein d‘une ossature bois, le noeud constructif sera donc PEB conforme. Le noeud le plus difficile à réaliser sera le raccord entre les murs de façade et la dalle de sol. Outre le noeud constructif à y résoudre, il faudra également éviter les problèmes d’humidité par remontée capillaire. L’interposition d’un bloc de type béton ou verre cellulaire sera bien souvent utilisée à cet endroit, afin de remonter d’une vingtaine de centimètres la première lisse de l’ossature.

7. LE MARQUAGE CE EST OBLIGATOIRE POUR LES BOIS DE STRUCTURE.

VRAI.

Depuis le 1er janvier 2012, les bois de structure de section rectangulaire doivent porter un marquage CE. Il se positionne sur chaque pièce ou sur les paquets. En plus du logo CE, une classe y est indiquée caractérisant la résistance mécanique, la stabilité, la durabilité et la réaction au feu. Cette classe se compose d’une lettre (« C » pour les résineux et « D » pour feuillus) et d’une valeur (16, 18, 24, 30, 40…) correspondant à la résistance minimale du bois exprimée en N/mm2. 

8. L’ÉTANCHÉITÉ À L’AIR EST PLUS FACILE À OBTENIR DANS LE CADRE D’UNE CONSTRUCTION EN OSSATURE BOIS.

FAUX.

Obtenir une bonne étanchéité à l’air, c’est-à-dire empêcher l’air intérieur de sortir de manière non contrôlée et vice-versa, ne s’acquiert que par la mise en oeuvre de nombreuses mesures constructives. Si certains panneaux structuraux offrent de bonnes performances, évitez les panneaux d’OSB. En effet, les performances de ceux-ci varient énormément d’une marque à l’autre et il n’est pas toujours facile de les identifier. À certaines jonctions, il faudra poser les membranes d’étanchéité à l’air dès le montage de la structure et non au stade des finitions. Une parfaite coordination entre les corps de métiers sera donc nécessaire. Construire en bois ne s’improvise donc pas. 


-
-JE SOUHAITE RECEVOIR DE L'INFO SUR CETTE TECHNIQUE